Au terme des travaux, les ministres ont adopté la Stratégie visant à financer l'avenir du secteur de la santé dans la Région africaine de l'OMS, qui couvrira la période 2026-2035. Ce texte doit permettre aux États africains de reprendre la main sur le financement de leurs propres systèmes de santé, à travers des mécanismes de mobilisation des ressources domestiques, dans un contexte où les partenaires extérieurs réduisent progressivement leurs contributions.

 

Autre volet majeur adopté lors de cette session : le Programme de gestion des personnels de santé en Afrique (2026-2035). Cette feuille de route vise à réformer les marchés du travail du secteur sanitaire et à combler le déficit persistant de personnel qualifié, un frein reconnu à l'amélioration de l'accès aux soins sur le continent. Toute une stratégie savamment pensée pour la decennie.

 

Des acquis à consolider

Cette session régionale s'est tenue alors que plusieurs signaux positifs sont venus rappeler que les efforts collectifs portent leurs fruits. Le « grand rattrapage » vaccinal mené ces dernières années a permis d'atteindre plus de 18 millions d'enfants qui n'avaient auparavant reçu aucun vaccin. Sur le plan de l'élimination des maladies, Cabo Verde, Maurice et les Seychelles ont obtenu la certification d'élimination de la rougeole et de la rubéole, une première pour des pays d'Afrique subsaharienne.

 

Un enjeu pour les Objectifs de développement durable

Alors que l'échéance de 2030 pour les Objectifs de développement durable se rapproche, la question du financement conditionne directement la capacité du continent à maintenir ses progrès sanitaires. En misant sur des ressources domestiques et une meilleure valorisation de ses personnels de santé, l'Afrique cherche à réduire sa dépendance aux financements extérieurs et à sécuriser, sur le long terme, les acquis obtenus en matière de santé publique.