La Côte d’Ivoire vient d’inscrire une nouvelle date forte dans son agenda de santé publique. Le mercredi 21 janvier, au siège du Programme national de lutte contre le cancer (PNLCA), les autorités sanitaires ivoiriennes ont procédé au lancement officiel de Janvier Sarcelle, désormais consacré mois national de sensibilisation, de prévention et de dépistage du cancer du col de l’utérus.
À l’image d’Octobre Rose pour le cancer du sein, Janvier Sarcelle ambitionne de devenir un temps fort annuel de mobilisation collective, afin de faire reculer un cancer largement évitable, mais encore l’un des plus meurtriers chez la femme en Côte d’Ivoire.

Un fléau évitable mais encore trop meurtrier
Selon les données GLOBOCAN 2022, la Côte d’Ivoire enregistre chaque année 2 360 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et 1 461 décès, faisant de cette maladie le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme. Une situation d’autant plus alarmante que plus de la moitié des femmes diagnostiquées n’y survivent pas, souvent en raison d’un dépistage tardif ou d’un accès limité aux soins spécialisés.
Prenant la parole au nom de la société civile, Me Fatou Fadika Coulibaly, présidente de la Coalition de lutte contre le cancer du col de l’utérus (COLCC), a rappelé que le cancer du col est le seul cancer aujourd’hui évitable, grâce à la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), au dépistage précoce et au traitement des lésions précancéreuses. Elle a insisté sur l’urgence d’agir : « 2030, c’est dans moins de cinq ans. Nous devons accélérer si nous voulons sauver des vies ».

Tryptique 90-70-90, une ambition mondiale.
S’inscrivant dans la stratégie mondiale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Côte d’Ivoire vise l’élimination du cancer du col de l’utérus comme problème de santé publique à l’horizon 2030, selon le triptyque 90-70-90 :
- 90 % des filles entièrement vaccinées contre le HPV,
- 70 % des femmes dépistées au moins une fois,
- 90 % des femmes diagnostiquées prises en charge efficacement.
Représentant l’OMS, le Dr Ané Ambroise a souligné que près de 20 % des enfants orphelins de mère le sont à cause du cancer du col de l’utérus. Il a rappelé que presque tous les cas sont liés au HPV, contre lequel plusieurs vaccins sûrs et efficaces sont disponibles.
Des résultats concrets, mais des efforts à amplifier
Au nom du ministre de la Santé, Pierre N’Gou Dimba, son représentant a salué les avancées obtenues grâce aux projets soutenus par l’État et ses partenaires.
Le projet Succès a permis le dépistage de 40 508 femmes dans 42 structures sanitaires. Médecins du Monde a dépisté plus de 19 000 femmes à Abidjan et San Pedro, tandis que le projet WICS, soutenu par l’OMS, a touché près de 8 000 femmes en 2025.
Ces actions s’inscrivent dans le Plan national d’élimination du cancer du col de l’utérus 2025-2030, doté d’un budget estimé à plus de 28 milliards FCFA.

Janvier Sarcelle, un appel à la prévention
Plus qu’une campagne, Janvier Sarcelle se veut un appel citoyen : faire vacciner les filles, encourager le dépistage des femmes, briser les tabous et faire de la prévention un acte fondateur du nouvel an.

Car, comme l’ont rappelé les intervenants, aucune femme ne devrait mourir d’un cancer que l’on sait prévenir.









