À l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, la Côte d’Ivoire change de méthode. Fini les actions uniformes et éloignées des réalités locales. Place à une stratégie de proximité, ancrée dans les communautés. C’est le pari que détaille le Dr Tanoh Méa Antoine, directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), à l’occasion d’une conférence de presse tenue le 16 avril.
Cette année, c’est le village d’Anyama-Adjamé qui a été choisi pour accueillir les activités officielles du 25 avril. Un choix loin d’être anodin. « Nous avons voulu que la Journée mondiale soit communautaire, au plus près des populations », explique le Dr Tanoh. L’objectif est clair : montrer, sur le terrain, que l’élimination du paludisme est possible si les bonnes pratiques sont adoptées.
Dès le 23 avril, les premières actions seront visibles. Dans la nuit du 23 au 24, des opérations de démoustication et de pulvérisation seront menées dans toute la localité afin de réduire la présence des moustiques adultes. Le lendemain, un camion podium sillonne les quartiers pour sensibiliser les habitants, au rythme de messages de prévention et d’échanges directs avec les populations.
La mobilisation ne s’arrête pas là. Des émissions interactives, notamment « Santé plurielle » avec la Radio Côte d’Ivoire, viendront renforcer la sensibilisation, en mettant un accent particulier sur les femmes et les enfants, premières victimes du paludisme. « Il faut éduquer les mères, sensibiliser les familles, et impliquer toute la communauté », insiste le directeur du PNLP.
Le point culminant reste la journée du 25 avril. Autorités sanitaires, partenaires techniques et financiers, représentants des Nations unies, leaders communautaires et populations locales seront réunis autour d’un même message : agir maintenant. Le ministre de la Santé y dressera un bilan de la lutte contre le paludisme et annoncera les perspectives pour les années à venir, notamment dans le cadre du plan d’élimination à l’horizon 2030.
Mais au-delà de l’événement, c’est toute une philosophie qui se dessine. Pour le Dr Tanoh, la lutte contre le paludisme ne peut plus être uniquement portée par les institutions. « Il faut que cette lutte devienne celle de tous », affirme-t-il. L’assainissement du cadre de vie, l’utilisation systématique des moustiquaires et la consultation rapide en cas de fièvre doivent devenir des réflexes quotidiens.
À Anyama-Adjamé, le message sera concret, visible, vécu. Une manière de rappeler que derrière les chiffres et les stratégies, la victoire contre le paludisme se joue d’abord dans les gestes simples, au cœur des communautés.








