Source: DG entrant Prof: Pitché  et DG sortant: Dr AISSI

La cérémonie s'est ouverte sur la projection d'un film documentaire retraçant quatre années de réalisations , un défilé d'images qui a ravivé, chez plusieurs invités, la mémoire des combats menés contre le paludisme, le VIH et les crises sanitaires régionales. Puis est venu le moment protocolaire : la signature du procès-verbal de passation et l'échange des dossiers entre les deux hommes, avant que la parole ne soit rendue aux principaux acteurs de cette page d'histoire.

Dans son allocution, le Dr AÏSSI a choisi la voix de l'émotion et de la gratitude. Il a salué « les contributions décisives des partenaires techniques et financiers, sans lesquels le bateau de l'OOAS aurait pu faire naufrage », rappelant les années où l'institution ne recevait qu'une fraction de son budget. Tourné vers son successeur, il a livré une confidence empreinte de confiance : « Je garde toute ma confiance en la bonne continuité sous la conduite du professeur Pitché, à qui j'ai la fierté de passer le flambeau. »

Prenant la parole à son tour, le Professeur PITCHE a filé la métaphore du hasard et de la destinée, évoquant vingt-cinq ans après ses propres études en Côte d'Ivoire un retour chargé de sens. Avec la sagesse d'un proverbe togolais, il a résumé l'esprit de la transition : « On ne remplace pas des hommes à la tête d'institutions, on les succède. Chez moi, il y a une sagesse qui dit : c'est au bout de l'ancienne corde qu'on tisse la nouvelle. » Il a également tenu à saluer l'ensemble du personnel de l'organisation, « depuis les directeurs des services jusqu'aux chauffeurs », avant de conclure sur une note universelle : « Les hommes passent, l'institution reste. »

C'est cependant le témoignage du représentant des partenaires techniques et financiers, un cadre d'Expertise France en poste à Abidjan, qui a donné à la cérémonie sa tonalité la plus nostalgique. Revenant sur les heures les plus sombres du mandat écoulé,  notamment l'arrêt brutal des financements de l'USAID,  il a raconté comment l'OOAS avait pourtant réussi « une bombe en avant en augmentant son budget de 25 à 30 %, grâce à la mobilisation communautaire ». Évoquant un dirigeant resté, selon ses mots, « sans domicile physique pendant 800 jours », il a rendu hommage à l'homme autant qu'au bâtisseur, concluant, dans le droit fil des mots du nouveau Directeur général : « Il n'est pas remplacé, il a été succédé. »

Puis, dans un moment suspendu, plus intime que protocolaire, la cérémonie a atteint son point d'orgue avec la remise des cadeaux symboliques. Au Dr Aïssi, salué pour ses quatre années de service, l'assistance a offert un présent d'adieu chaleureusement applaudi, geste de reconnaissance pour un homme qui, selon ses propres mots, a traversé cette mission « sans domicile physique » durant de longs mois. Au Professeur Pitché, c'est un cadeau de bienvenue qui a été remis, comme pour sceller symboliquement l'ouverture de son mandat et l'accueil chaleureux de toute une famille institutionnelle. Entre sourires échangés et applaudissements prolongés, cet instant a rappelé que derrière les dossiers et les statistiques, l'OOAS reste avant tout une histoire d'hommes et de femmes ,  une beauté simple qui a touché l'ensemble des invités présents.

Entre rires, silences chargés d'émotion et applaudissements nourris, Abidjan a ainsi refermé un chapitre pour en ouvrir un nouveau ,  celui d'un OOAS résolument tourné vers la santé des 400 millions de citoyens de la CEDEAO.