La nouvelle est tombée à Belém, au Brésil, où se tient la COP30 du 10 au 21 novembre 2025 : Addis-Abeba a été choisie pour accueillir la 32ᵉ Conférence des Nations Unies sur le climat en 2027. Une décision saluée à travers le continent africain, qui y voit une reconnaissance de son rôle croissant dans la lutte contre le changement climatique. L’annonce intervient après un plaidoyer conjoint de l’ONU et de l’Éthiopie, appelant à tenir les promesses faites aux nations africaines. Dans leur déclaration, les deux parties ont rappelé que « l’Afrique est prête à intensifier son action en faveur du climat, mais la COP30 doit veiller à ce qu’elle en ait pleinement les moyens ». Un message directement inspiré du Sommet africain sur le climat organisé en septembre dernier à Addis-Abeba.
Un choix stratégique pour l’Afrique Le 11 novembre, le Groupe africain des négociateurs a officiellement soutenu la candidature éthiopienne. « Le Groupe Africain a choisi l’Éthiopie », a confirmé Richard Muyongi, son président, en indiquant que la décision devait encore être adoptée par consensus. Pour de nombreux acteurs africains du climat, il s’agit d’un moment historique. Sena Alouka, directeur exécutif des Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), a salué « une grande satisfaction », rappelant que la COP n’avait plus été organisée en Afrique subsaharienne depuis l’Afrique du Sud et le Maroc. Selon lui, accueillir la conférence à Addis-Abeba permettra de « ramener la COP dans un pays qui symbolise la renaissance africaine ». L’Éthiopie vient en effet d’inaugurer le Grand Barrage de la Renaissance, financé presque entièrement sur fonds propres. Un projet présenté comme un symbole d’indépendance énergétique et de capacité d’innovation. « La COP32 sera le moment de démontrer les solutions africaines », insiste Sena Alouka, convaincu que le continent pourra ainsi occuper une place centrale dans les négociations internationales. Un pays au poids historique et politique fort Le choix de l’Éthiopie n’est pas anodin. Berceau de l’Union africaine, pays non colonisé ayant résisté aux puissances étrangères, Addis-Abeba occupe depuis longtemps une place singulière dans l’imaginaire panafricain. Sa désignation comme hôte de la COP32 vient renforcer cette stature. Selon des sources médiatiques éthiopiennes, le pays voit dans cette responsabilité une opportunité stratégique : définir l’agenda, mettre en avant ses priorités climatiques et jouer un rôle majeur dans les négociations de la décennie. Une visibilité internationale rare, au moment où la planète s’enfonce dans une crise climatique sans précédent. À Belém, un appel à des engagements climatiques plus ambitieux Pendant que les projecteurs se tournent vers 2027, les discussions se poursuivent à Belém. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a exhorté les États à présenter des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) plus ambitieuses et transformatrices. L’agence plaide pour un renforcement des capacités locales, un soutien accru aux femmes, aux jeunes, aux peuples autochtones et aux communautés en première ligne — tous considérés comme des moteurs essentiels de la mise en œuvre. Le PNUD a également rappelé que la lutte contre le changement climatique doit aller de pair avec des progrès en matière de santé, d’égalité des sexes, d’emploi décent et de réduction de la pauvreté. Une vision holistique que de nombreux pays africains appellent de leurs vœux. Un signal positif venu du Brésil Dans ce climat d’urgence, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a marqué la COP30 par une annonce majeure : le lancement du Tropical Forest Forever Facility (TFFF), un mécanisme de financement permanent doté de 125 milliards de dollars. Son objectif : rémunérer les pays tropicaux qui protègent leurs forêts, essentielles pour absorber le carbone et préserver la biodiversité. Ce geste est perçu comme un signal fort pour les nations africaines, dont les forêts — du bassin du Congo à Madagascar — jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. Pour beaucoup de délégations africaines, cette initiative pourrait marquer le début d’un changement tangible dans la répartition du financement climatique. Avec Addis-Abeba comme future hôte de la COP32, l’Afrique s’apprête à jouer un rôle de premier plan dans les décisions climatiques à venir. À Belém, les signaux semblent converger : le continent n’est plus seulement une victime du changement climatique, mais une force motrice incontournable dans la recherche de solutions.









