Le CHU de Treichville veut renforcer à la fois l’accompagnement des patients atteints de cancer et ses capacités diagnostiques. C’est le sens de la double cérémonie organisée jeudi 24 septembre 2026 dans l’enceinte de l’établissement sanitaire, en présence de responsables du ministère de la Santé, du Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa), des laboratoires Roche, de professionnels de santé et d’acteurs de la lutte contre le cancer.

 

Au cœur de cette rencontre : le lancement officiel du système de navigation patient en cancérologie, présenté comme un dispositif destiné à mieux organiser le parcours des personnes confrontées à la maladie. La cérémonie a également permis de remettre de nouveaux équipements au service d’anatomie et de cytologie pathologique (ANAPATH) du CHU de Treichville.

Selon le directeur général du CHU de Treichville, Dr Guillaume Kouadio, les équipements remis représentent une valeur de 120 millions de FCFA. Ils doivent notamment contribuer à améliorer les capacités du service d’ANAPATH, qui joue un rôle essentiel dans le diagnostic et l’orientation thérapeutique des cancers.

Le représentant du ministre de la Santé, le Pr Soro, a précisé que le matériel comprend notamment un automate de déshydratation, un microtome, un automate de coloration et une station d’enrobage. L’objectif affiché est de renforcer la qualité et la rapidité des examens anatomopathologiques.

Pour le représentant de Roche, Dr Gonçalo Rodeia, ce renforcement du plateau technique doit permettre de réduire les délais d’analyse et d'améliorer la précision des résultats afin de faciliter l’orientation des patients dans leur parcours de soins.

Placer le patient au centre du parcours

La seconde composante de la cérémonie concernait le lancement du système de navigation patient. Le principe est d’accompagner individuellement le malade depuis le dépistage jusqu’au diagnostic, au traitement et au suivi.

 

Pour le Pr Adoubi Innocent, directeur coordonnateur du PNLCa, le dispositif répond à plusieurs obstacles auxquels sont confrontés les patients : retard au diagnostic, difficultés financières, éloignement géographique et ruptures dans le continuum des soins. Le navigateur peut être un infirmier, une sage-femme, un assistant social ou encore un agent de santé communautaire chargé d’accompagner le patient au fil des différentes étapes.

Une première cohorte d’agents de santé a déjà été formée à cette fonction. Ces professionnels, issus des structures pilotes, ont reçu leurs parchemins lors de la cérémonie de lancement. Le représentant du ministre de la Santé a salué leur engagement et rappelé que leur mission nécessitera notamment écoute, disponibilité, empathie, rigueur et respect de la confidentialité.

 

Le dispositif est toutefois encore en phase pilote. Son lancement marque donc davantage le début d'une expérimentation structurée qu'un aboutissement. Les prochains mois devront permettre d'observer son fonctionnement, d'identifier les éventuels ajustements nécessaires et surtout de mesurer sa capacité à améliorer concrètement le parcours des patients.

 

Pour les autorités sanitaires, l'enjeu est de parvenir à articuler un accompagnement mieux coordonné des patients et des capacités diagnostiques renforcées. Deux leviers présentés comme complémentaires pour améliorer la prise en charge du cancer en Côte d'Ivoire.