La cérémonie d’ouverture a notamment réuni M. Djimbala Diakité, représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Ouattara Mahama, doyen de l’UFR Sciences pharmaceutiques et biologiques, ainsi que le professeur Gilbert Marie N’Gbo Aké, parrain scientifique de cette édition.

Pour les organisateurs et les intervenants, le contrôle qualité ne doit plus être considéré comme une simple opération technique réalisée en laboratoire. Il touche directement à la santé publique. « Sécurité alimentaire » renvoie certes à la qualité des aliments, mais aussi à celle de l’eau, des médicaments, des produits cosmétiques, des matières premières et de l’environnement. Autant de produits avec lesquels les populations sont quotidiennement en contact.

 

Des laboratoires au cœur de la protection des consommateurs

Dans son intervention, le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique monsieur Dimbala Diakité a insisté sur la nécessité de rapprocher la recherche des préoccupations concrètes des populations. Il a cité notamment l’exemple d’une méthode développée par un laboratoire universitaire pour détecter plus rapidement les résidus de pesticides dans les aliments. Une telle innovation prend toute sa portée lorsqu’elle est validée, transférée à un laboratoire de contrôle et effectivement utilisée pour protéger les consommateurs.

 

Cette articulation entre recherche et application constitue l’un des principaux défis soulevés durant le forum. Pour le professeur Aké N’Gbo, la question centrale reste celle de la confiance : « Pouvons-nous avoir confiance dans tout ce que nous consommons ? » Derrière cette interrogation se trouvent, selon lui, des besoins en ressources humaines qualifiées, en laboratoires performants, en méthodes fiables et en normes adaptées.

Le professeur Ouattara Mahama a, pour sa part, rappelé que la qualité des données analytiques conditionne de nombreuses décisions : certification des produits, autorisations de mise sur le marché, décisions sanitaires ou encore exportations. Les sciences analytiques permettent notamment de détecter les contaminants, d’identifier certaines fraudes, d’évaluer les risques sanitaires et de sécuriser les chaînes de production.

Le défi des équipements… et de leur maintenance

Mais disposer d’équipements modernes ne suffit pas. Le fonctionnement durable des laboratoires dépend également de l’accès aux réactifs et aux consommables, ainsi que de la maintenance préventive et corrective. Le doyen de l’UFR Sciences pharmaceutiques et biologiques a ainsi souligné que certains laboratoires disposent d’équipements performants, mais voient leurs capacités limitées faute de maintenance ou d’approvisionnement régulier.

La formation constitue un autre maillon essentiel. Les technologies analytiques nécessitent des professionnels capables d’utiliser les équipements, de produire des résultats fiables et surtout d’interpréter correctement les données. D’où l’importance de formations adaptées aux besoins des secteurs pharmaceutique, agroalimentaire, cosmétique, environnemental et industriel.

Transformer la connaissance en solutions

Au-delà des communications scientifiques, les participants sont appelés à faire émerger des collaborations entre universités, laboratoires publics, entreprises et autorités de régulation. L’objectif affiché est de faire passer la recherche de la preuve scientifique à l’innovation, puis de l’innovation à l’impact sur les populations.

Le FISACQ 2026 entend ainsi déboucher sur des recommandations concrètes : mieux identifier les besoins nationaux en capacités analytiques, renforcer la formation des chercheurs et techniciens, favoriser les projets de recherche appliquée et améliorer la fiabilité des analyses.

À travers ces ambitions, le forum pose une question qui dépasse les seuls laboratoires : comment faire de la qualité un véritable outil de prévention, de protection sanitaire et de développement ? Une question dont les réponses dépendront autant des innovations scientifiques que de la capacité à les transformer en solutions effectivement accessibles et utilisables.