Pour les personnes vivant avec le diabète, le cancer, une maladie cardiovasculaire ou encore une affection respiratoire chronique, le parcours de soins ne se résume généralement pas à une seule consultation. Il peut s’étendre sur plusieurs années, avec des examens, des traitements, des consultations successives, des orientations vers différents services et parfois des soins à domicile.

 

À chaque étape, les soins doivent contribuer à améliorer l’état de santé. Mais ces parcours prolongés peuvent aussi multiplier les occasions de survenue de préjudices évitables.

 

Dans son message à l’occasion de cette journée, le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, appelle ainsi les gouvernements, les professionnels de santé, les partenaires, les patients et leurs familles à faire de la sécurité une composante essentielle de la prise en charge des maladies non transmissibles (MNT).

 

L’enjeu est d’autant plus important que le poids des MNT ne cesse de progresser. Selon l’OMS, ces maladies ont provoqué au moins 43 millions de décès dans le monde en 2021. Dans la Région africaine, leur part dans les décès est passée de 24 % en 2000 à 37 % en 2019. Environ deux tiers des décès liés aux MNT dans la Région africaine surviennent par ailleurs de manière prématurée.

 

Or, la multiplication des intervenants et des établissements au cours d’un même parcours peut créer de nouveaux risques. Un diagnostic tardif ou manqué, une erreur de médication, une interaction médicamenteuse, un suivi insuffisant ou encore une mauvaise transmission des informations entre services peuvent avoir des conséquences pour le patient. Ces risques peuvent apparaître à différents moments : du diagnostic au traitement, en passant par la réadaptation, les soins palliatifs ou l’auto-prise en charge.

 

Pour l’OMS, améliorer l’accès aux soins ne suffit donc pas. Il faut également s’assurer que ces soins sont sûrs et de qualité. Le renforcement des soins de santé primaires peut notamment favoriser la continuité de la prise en charge, permettre de détecter plus tôt certaines difficultés et faciliter la coordination entre les différents niveaux du système de santé.

 

Dans plusieurs pays africains, des approches comme WHO PEN et PEN-Plus cherchent justement à rapprocher le diagnostic, le traitement et les soins de longue durée des communautés, avec des protocoles fondés sur les données probantes, des mécanismes d’orientation et un suivi régulier.

 

Mais la sécurité des soins ne peut pas reposer uniquement sur les professionnels. Les patients et leurs familles ont eux aussi un rôle à jouer. Poser des questions, signaler une inquiétude, participer aux décisions et faire connaître son expérience peuvent contribuer à repérer certains risques et à améliorer la qualité des soins.

À travers cette journée mondiale, l’OMS appelle donc à une approche qui accompagne le patient sur toute la durée de son parcours. L’objectif : réduire les préjudices évitables, renforcer la qualité des soins et préserver la confiance entre les patients et les systèmes de santé.