Le président du COLCDA, Marcellin Doh, a donné un ultimatum d'une semaine à l'AIRP pour rendre publics les certificats d'analyse et les noms des laboratoires ayant procédé aux expertises sur ces 2 639 produits à risque. Passé ce délai, le collectif menace d'organiser une conférence de presse et de réclamer officiellement la démission du directeur général de l'autorité.

 

Selon Marcellin Doh, le silence prolongé de l'AIRP « fait planer le doute » sur une possible entente avec certains opérateurs économiques du secteur cosmétique. Début juin 2026, l'AIRP avait pourtant présenté ses résultats en matière de régulation des produits dépigmentants, réaffirmant son engagement à assainir le marché.

 

Ce bras de fer intervient dans un contexte où la dépigmentation volontaire reste un phénomène de société largement répandu en Afrique de l'Ouest. Selon des données de l'OMS relayées par Jeune Afrique, 59 % des femmes togolaises, 27 % des Sénégalaises et environ 25 % des Maliennes utiliseraient régulièrement des produits éclaircissants, souvent à base de mercure, de corticoïdes ou d'hydroquinone à haute dose.

 

Ces substances exposent à des risques sérieux : amincissement cutané, troubles de la cicatrisation, complications rénales et atteintes neurologiques liées à l'intoxication au mercure. Une exposition d'autant plus préoccupante que ces produits circulent souvent hors de tout contrôle réglementaire.

 

Au-delà du bras de fer institutionnel, cette affaire illustre un défi partagé par de nombreux pays africains : concilier libre marché, industrie cosmétique et protection sanitaire des consommateurs. La transparence réclamée par les associations pourrait, si elle aboutit, servir de modèle régional pour un encadrement plus strict des produits dépigmentants.