Du 30 juin au 1er juillet dernier , à Atakpamé, des acteurs de la santé humaine, de la santé animale, de l'environnement, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers et de la société civile togolaise se sont réunis pour valider le Plan stratégique intégré d'élimination de la rage au Togo 2026-2030, qui devient le cadre de référence pour organiser les interventions, mobiliser les partenaires et suivre les progrès vers l'élimination des décès humains dus à la rage .

Cette rencontre a également marqué le lancement officiel d'un projet pilote dans la région des Plateaux-Est, qui servira de zone d'expérimentation pour tester des approches pratiques adaptées aux réalités locales avant une extension progressive à l'échelle nationale.

Le programme togolais est soutenu par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Institut Pasteur, et s'inscrit dans la feuille de route mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées 2021-2030, portant la stratégie « Zero by 30 » visant à éliminer les décès humains liés à la rage transmise par les chiens d'ici 2030 .

La rage illustre, aux côtés d'Ebola, de la fièvre de la vallée du Rift ou de la résistance aux antimicrobiens, l'ampleur des menaces zoonotiques récurrentes en Afrique, où l'approche « Une seule santé » (One Health), qui relie santé humaine, animale et environnementale ;  s'impose de plus en plus comme le cadre de référence pour anticiper les crises sanitaires (OMS).

En articulant vaccination canine, sensibilisation communautaire et accès à la prophylaxie post-exposition, le Togo pose une pierre supplémentaire à l'édifice continental de la lutte contre les maladies tropicales négligées. Cette approche intégrée, réplicable dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest confrontés aux mêmes défis, incarne une médecine préventive tournée vers les communautés plutôt que la seule réponse d'urgence.