S'exprimant devant l'Association des producteurs pharmaceutiques de Côte d'Ivoire (APPCI), le directeur général de la Nouvelle Pharmacie de la santé publique de Côte d'Ivoire (NPSP-CI), le Docteur Kouayaté Ibrahim, a rappelé l'ambition de l'État : atteindre 20 % de production locale de médicaments dans les hôpitaux publics d'ici 2026, avec une trajectoire vers 40 % en 2028
Le constat de départ reste sévère : actuellement, 95 % des médicaments utilisés dans les centres de santé publics ivoiriens proviennent de l'étranger, contre seulement 5 % de production locale (7info.ci). Pour combler cet écart, les besoins identifiés pour 2026 représentent plus de 100 milliards de FCFA de médicaments .
Cette dynamique nationale s'inscrit dans un mouvement continental plus vaste : l'Afrique ne représente aujourd'hui qu'environ 3 % de la production pharmaceutique mondiale, alors qu'elle supporte 25 % de la charge mondiale de morbidité, et importe plus de 70 % des médicaments qu'elle consomme, principalement depuis l'Inde, la Chine et l'Europe.
Portée par l'Agence africaine du médicament (AMA), qui œuvre à l'harmonisation des réglementations, et par Africa CDC, qui soutient la création de pôles de fabrication de vaccins avec l'objectif de produire 60 % des vaccins utilisés sur le continent d'ici 2040, cette ambition ivoirienne s'inscrit dans une stratégie panafricaine de réduction de la dépendance aux importations, alors qu'un rapport de la Banque africaine de développement évalue à 11 milliards de dollars les investissements nécessaires d'ici 2030 pour soutenir cette industrie.
Au-delà des chiffres, cette bataille pour la production locale de médicaments touche à la souveraineté sanitaire du continent, cruellement mise à nu lors des pénuries mondiales de la pandémie de Covid-19. En misant sur ses pôles industriels naissants, la Côte d'Ivoire pourrait devenir, aux côtés de l'Égypte, du Maroc, du Nigeria ou du Kenya, l'un des relais ouest-africains de cette ambition continentale de réduire la dépendance pharmaceutique de l'Afrique.





