Pendant cinq jours, une vingtaine d'experts issus des secteurs de la santé humaine, de la santé animale et de l'environnement évaluent les avancées, les défis et les priorités de la lutte contre ce phénomène qui fragilise chaque année un peu plus l'efficacité des traitements contre les infections.

Organisé sous la coordination du Groupe technique de travail sur la RAM (GTT-RAM), avec l'appui technique et financier du projet EpiC/FHI 360, financé par le Département d'État des États-Unis, cet atelier s'inscrit dans l'approche « Une seule santé » (One Health), qui reconnaît l'interdépendance entre la santé des humains, des animaux et de l'environnement.

La résistance aux antimicrobiens survient lorsque des bactéries, virus, parasites ou champignons développent des mécanismes leur permettant d'échapper à l'action des médicaments destinés à les combattre. Ce phénomène compromet progressivement l'efficacité des antibiotiques, antiviraux, antiparasitaires et antifongiques, rendant certaines infections de plus en plus difficiles, voire impossibles, à traiter.

Pour le Dr Adjé Clément, conseiller technique principal du projet EpiC/FHI 360, l'urgence est réelle. « La résistance aux antimicrobiens est une menace sérieuse pour nos systèmes de santé. Elle complique la prise en charge des patients », a-t-il souligné, tout en réaffirmant l'engagement de son organisation à accompagner les autorités ivoiriennes dans la conception du prochain plan stratégique national.

Le modérateur de l'atelier, le Dr Diane Maxime, a rappelé que plusieurs études ont déjà été réalisées entre 2023 et 2026, notamment dans les laboratoires et auprès des différents acteurs concernés. Selon lui, cette analyse situationnelle permettra d'identifier les principaux défis et de définir les priorités qui guideront les actions des cinq prochaines années.

Présidente du GTT-RAM, la Pr Guessennd Nathalie s'est félicitée de la forte mobilisation des participants. Elle a insisté sur la nécessité de maintenir une collaboration multisectorielle afin de réduire durablement les conséquences de la résistance aux antimicrobiens sur la santé des populations.

Au niveau local, le directeur régional de la Santé du Bélier, le Dr Miezan Egnakou, a attiré l'attention sur l'automédication et le mauvais usage des médicaments, deux pratiques qui se sont intensifiées durant la pandémie de COVID-19 et qui contribuent fortement à l'émergence de la résistance aux antimicrobiens. Il a lancé un appel aux décideurs politiques afin qu'ils renforcent leur engagement dans cette lutte.

À l'issue des travaux, les experts devront proposer des orientations et des stratégies concrètes qui serviront de base au futur Plan d'action national RAM 2026-2030. L'ambition est claire : préserver l'efficacité des traitements disponibles aujourd'hui et protéger durablement la santé des populations ivoiriennes face à l'une des plus grandes menaces sanitaires du XXIᵉ siècle.