La 14ᵉ Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO 2025) s’est tenue du 16 au 18 décembre 2025 à Lomé, au Togo, sous le thème « Accélérer le financement domestique des DSSR : quelles stratégies pour un engagement durable ? ». Cette édition a rassemblé plus de 500 décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile, experts régionaux et jeunes leaders, tous animés par une ambition commune : assurer la pérennité des services de santé sexuelle et reproductive face à la contraction des financements internationaux.
Un contexte régional exigeant mais porteur de solutions
Alors que les pays d’Afrique de l’Ouest sont confrontés à une réduction progressive de l’aide extérieure en faveur de la santé reproductive, la RAPO 2025 a été l’occasion de réaffirmer l’importance stratégique des DSSR comme un droit fondamental et un levier de développement humain et socio-économique. Cette priorité s’inscrit dans la continuité des objectifs du Partenariat de Ouagadougou, qui vise notamment à accroître l’accès à l'information, aux services de planification familiale et à doubler l'utilisation des méthodes contraceptives modernes dans la région d’ici 2030.
Les discussions ont souligné que les DSSR ne sont plus seulement l’affaire des systèmes de santé : leur financement doit être inscrit durablement dans les budgets nationaux, soutenu par des mécanismes innovants et multisectoriels, et renforcer la souveraineté sanitaire des États.
Focus sur les droits en santé sexuelle et reproductive
Au cœur de la RAPO 2025, les échanges ont porté sur la nécessité de garantir l’accès équitable aux services de santé sexuelle et reproductive pour toutes et tous, notamment pour les adolescents, les femmes enceintes, et les populations vulnérables. Les droits à l’information, à la planification familiale volontaire, à des services de qualité sans discrimination, et à la sécurité des soins ont été largement mis en avant, dans l’esprit des engagements internationaux et des objectifs de développement durable.
Les jeunes leaders présents ont rappelé que sans financement durable, il n’y a pas de services durables, appelant à une plus grande participation des jeunes dans la conception des politiques et des stratégies de mise en œuvre.

La contribution de la Côte d’Ivoire
La délégation ivoirienne, conduite par le Dr Mamadou TIA, Directeur Général Adjoint de la Santé, a joué un rôle central dans les panels et ateliers de la conférence. Lors d’un des panels majeurs, la Directrice Coordonnatrice du Programme National de Santé de la Mère et de l’Enfant, Dr Fatoumata TOURE épouse BAMBA, a présenté les progrès nationaux significatifs en matière de planification familiale, de réduction de la mortalité maternelle et néonatale, et d’intégration progressive des interventions en DSSR dans le budget national. Cette démarche illustre une volonté politique accrue d’inscrire les droits à la santé sexuelle et reproductive comme une composante essentielle de la politique publique de santé.
L’engagement et la qualité des contributions de la Côte d’Ivoire ont été salués, couronnés par l’attribution du 2ᵉ Prix de la Presse en Ligne dédié à la DSSR lors de la cérémonie de clôture, marquant ainsi la reconnaissance du rôle des médias dans la promotion des droits et de l’accès aux soins.

Un engagement renouvelé pour l’avenir
À la fin des travaux, les pays membres du Partenariat de Ouagadougou ont renouvelé leur engagement à transformer les recommandations de la RAPO 2025 en actions concrètes au niveau national, notamment par :
- le renforcement des politiques budgétaires en faveur des DSSR ;
- l’élargissement des mécanismes de financement domestique et innovants ;
- l’intégration systématique des DSSR dans les stratégies de développement et les cadres juridiques ;
- la mobilisation accrue des acteurs communautaires, des jeunes et de la société civile.
Cette rencontre à Lomé marque une étape importante vers une approche résolument régionale et durable pour garantir les droits à la santé sexuelle et reproductive, démontrant que des solutions endogènes et une coopération renforcée sont essentielles pour répondre aux besoins croissants des populations d’Afrique de l’Ouest.









