Abdoul Gadiry Fadiga est médecin, expert en gestion des systèmes de santé, et Chef de la Section Santé & VIH à l'UNICEF Côte d'Ivoire depuis 2022. En vingt ans de carrière, il a travaillé dans des pays comme la Guinée, le Mali, la Sierra Leone ou la République Centrafricaine, souvent dans des situations d'urgence. Autrement dit, c'est un homme de terrain, habitué aux défis concrets.

 

Ce que fait réellement l'UNICEF dans un pays

Beaucoup pensent que l'UNICEF se limite à distribuer des jouets ou à afficher des photos d'enfants. Ce n'est pas si simple. En Côte d'Ivoire comme ailleurs, l'organisation a une mission bien plus large : s'assurer que chaque enfant, qu'il soit né dans un quartier riche d'Abidjan ou dans un village reculé du Nord, puisse grandir en bonne santé, aller à l'école et vivre dignement.

Pour cela, l'UNICEF finance des programmes, plaide auprès des gouvernements, et s'assure que l'argent investi dans la santé, la nutrition et l'éducation est bien utilisé de manière équitable et transparente.

 

Pourquoi l'UNICEF mise sur l'INSP

L'une des décisions les plus importantes évoquées dans cet entretien concerne le choix de confier à l'INSP une recherche sur la vaccination en Côte d'Ivoire. Pourquoi l'INSP ? Parce que cette institution est sérieuse, reconnue, et qu'elle a les compétences pour produire des données fiables. Cette recherche aest dotée d'un objectif clair: comprendre pourquoi certains enfants ne reçoivent pas leurs vaccins. Est-ce un problème de distance ? De manque de personnel ? De rupture de stock ? Identifier ces blocages, c'est la première étape pour les résoudre.

 

Le BSP-CI : un outil au service de tous

Dr. Fadiga salue la création, en 2023, du Bulletin de Santé Publique de Côte d'Ivoire. Il voit dans ce bulletin un canal précieux pour faire circuler les données de santé  pas seulement entre spécialistes, mais vers les décideurs, les journalistes, les citoyens. L'UNICEF dit- t-il est prêt à soutenir cette revue, techniquement et financièrement, pour qu'elle devienne une référence durable.

 

Au final, il faut retenir de cette interview que  la santé des enfants n'est pas un luxe. Elle se construit avec des données solides, des partenariats sérieux, et des institutions qui travaillent ensemble. En Côte d'Ivoire, ce travail est en marche. Il reste à l'accélérer.