Chaque année, la NPSP-CI commande environ 70 millions d’unités de médicaments et dispositifs médicaux destinés aux structures publiques. Ces approvisionnements transitent par 544 réceptions maritimes, 613 réceptions aériennes et 455 réceptions terrestres, ces dernières concernant principalement les fournisseurs locaux et ceux de la sous-région.

 

Le paludisme, première cause de consultation dans le pays, mobilise à lui seul des volumes considérables d’antipaludiques, de tests de diagnostic rapide et d’intrants associés. À travers les programmes nationaux, ces produits sont distribués dans l’ensemble des districts sanitaires afin d’assurer une couverture thérapeutique continue.

 

Une dépendance structurelle aux importations

La NPSP s’approvisionne auprès de 260 fournisseurs internationaux et nationaux. La répartition géographique illustre la forte dépendance du pays à l’extérieur : 52 % des fournisseurs sont asiatiques, 14 % européens, 18 % nord-africains, 4 % issus de la CEDEAO et seulement 12 % ivoiriens.

 

En réalité, la production locale demeure très limitée. La Côte d’Ivoire ne compte qu’une douzaine d’unités industrielles pharmaceutiques, qui couvrent à peine 6 % des besoins nationaux. Le pays reste donc largement tributaire des importations, notamment en provenance d’Inde et d’autres pays asiatiques.

Trois voies logistiques pour sécuriser les flux

 

Selon la localisation des fournisseurs, les médicaments arrivent par voie maritime, aérienne ou terrestre. La voie maritime reste la plus utilisée pour les volumes importants. Le transport aérien est privilégié pour les produits nécessitant une chaîne de froid rigoureuse, les cargaisons légères ou les expéditions urgentes. La voie terrestre concerne principalement les fournisseurs locaux et ceux de la sous-région.

 

Contrairement à d’autres centrales africaines, la NPSP-CI a fait le choix d’internaliser une partie stratégique de sa logistique. Elle dispose d’une flotte d’environ 40 camions, assurant le transport vers les structures publiques. Sa capacité de stockage atteint 34 719 emplacements de palettes, permettant une gestion structurée des flux.

Décentralisation : rapprocher le médicament des populations

 

L’un des tournants majeurs de ces dernières années est l’extension des dépôts régionaux. L’agence régionale de Bouaké est déjà opérationnelle, tout comme les dépôts de Korhogo, Man et Odienné. Cinq nouveaux dépôts : Daloa, San Pedro, Abengourou, Adzopé et Agboville,  Ont pris le relais depuis le premier trimestre 2025.

Implantés dans les Pôles Régionaux d’Excellence en Santé, ces dépôts visent à réduire considérablement les délais de livraison et à améliorer la réactivité face aux besoins des districts sanitaires. Cette stratégie de maillage territorial constitue un levier déterminant pour maîtriser le fameux “dernier kilomètre”.

Qualité et traçabilité : un double verrou de sécurité

La NPSP ne se contente pas de commander en volume. Chaque produit doit disposer d’une Autorisation de Mise sur le Marché délivrée par l’Autorité ivoirienne de Régulation Pharmaceutique. Les fournisseurs sont présélectionnés selon des critères stricts. À la réception, les lots sont contrôlés par le Laboratoire National de Santé Publique ou, selon les cas, par des laboratoires internationaux.

 

La gestion prévisionnelle repose désormais sur des outils numériques performants tels que SAGE X3, EXTRANET, E-SIGL et M.Supply. Ces plateformes permettent d’anticiper les besoins et de limiter les ruptures, même si des écarts persistent parfois entre les données déclarées par les structures sanitaires et la consommation réelle.

 

Malgré ces avancées, plusieurs difficultés demeurent. Les retards de livraison de certains fournisseurs internationaux peuvent perturber la planification. La traçabilité des données, du centre de santé jusqu’au patient final, reste perfectible. Enfin, la dépendance aux importations expose le pays aux fluctuations du marché mondial.

En combinant volume, contrôle qualité, digitalisation et décentralisation, la NPSP-CI incarne aujourd’hui un pilier stratégique de la souveraineté pharmaceutique ivoirienne. Face aux médicaments falsifiés et aux défis logistiques, sa mission dépasse la simple distribution. Il s’agit d’assurer à chaque Ivoirien un accès fiable, sécurisé et durable aux traitements essentiels.

 

 

ENCADRÉ | NPSP-CI en chiffres

  • 70 millions d’unités de médicaments commandées chaque année
  • 260 fournisseurs internationaux et nationaux
  • 52 % des fournisseurs situés en Asie
  • 6 % seulement des besoins couverts par la production locale
  • 40 camions pour la distribution nationale
  • 34 719 emplacements de palettes en capacité de stockage
  • 1 agence régionale et 3 dépôts déjà opérationnels
  • 5 nouveaux dépôts en déploiement en 2025