En entrée, Dr Arounan Diarra a commencé son mandat par l’obligation à faire respecter le devoir professionnel. Sous sa mandature, une commission législation a travaillé à l’élaboration de sept textes destinés à compléter le dispositif juridique de la profession. Le président sortant reconnaît toutefois que ces textes n’avaient pas encore été adoptés au moment de la passation. Trente-deux chambres de discipline ont par ailleurs été ouvertes; six avaient tenu leurs audiences, tandis que d’autres procédures étaient encore en cours d’enquête ou d’instruction.

Défendre l’honneur et l’indépendance de la profession, tel était son credo. Dr Diarra met notamment en avant les Journées de l’Ordre national des pharmaciens de Côte d’Ivoire (JONPCI), dont sept éditions ont été organisées durant ses huit années de mandat. Ces rencontres ont aussi servi de cadre à des actions sociales: réhabilitation d’un centre de psychiatrie à Yamoussoukro, construction de latrines dans des écoles de Daloa et ses environs, réhabilitation et équipement de centres de petite enfance à Abengourou ou encore appui au centre de lutte contre la drogue de Korhogo.
La formation professionnelle continue constitue le troisième volet. Une politique générale de formation continue et un guide de formation ont été élaborés. Le dispositif prévoit désormais 15 crédits par pharmacien et s’appuie sur une plateforme dédiée.

Le quatrième axe concerne la santé publique. Selon le bilan présenté par le président sortant, l’Ordre a participé à plusieurs programmes nationaux, notamment dans les domaines du paludisme, du VIH et des IST, de la nutrition infantile et de la tuberculose. L’institution a également été impliquée dans la Couverture maladie universelle et dans la réponse à la Covid-19.
Mais l’un des changements les plus structurants revendiqués par cette mandature reste la décentralisation. Les six régions pharmaceutiques fonctionnent désormais autour de leurs sièges et les conseils centraux transmettent régulièrement leurs comptes rendus au Conseil national.

À l’échelle africaine, Dr Diarra cite également l’organisation du Forum pharmaceutique international de 2021 et son passage à la tête de l’Inter-Ordre des pharmaciens d’Afrique. Il souligne notamment l’institution d’un prix d’excellence de la pharmacie d’Afrique et l’acquisition du siège de cette organisation en Côte d’Ivoire.
Derrière ces réalisations, le président sortant insiste sur l’ampleur du travail ordinal. Durant huit ans, dit-il, le Conseil national s’est réuni chaque mois, alors que la loi prévoyait quatre sessions annuelles. Chaque session traitait au minimum une quinzaine de dossiers concernant notamment les officines et les laboratoires de biologie. Il rappelle que ces responsabilités sont exercées bénévolement.
Au moment de partir, Dr Diarra ne remet donc pas seulement des documents à son successeur. Il lui transmet une institution qu’il dit avoir contribué à structurer, avec des acquis, mais aussi des dossiers encore ouverts. Son successeur, Dr Boni Hervé, qui a travaillé à ses côtés comme secrétaire général, connaît déjà la maison. Pour la nouvelle équipe, l’enjeu sera désormais de transformer cette continuité annoncée en nouvelles avancées, sans perdre de vue les chantiers laissés en cours.





