Par Docteur Brice Gao, Médical Manager FWA, Bayer WCA

 

 

Cette équation paraît évidente. Mais dans nos pays, elle reste encore trop souvent ignorée.

 

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 19,8 millions de personnes sont décédées de maladies cardiovasculaires en 2022, ce qui représente environ 32% de l'ensemble des decès à l'échelle mondiale. Plus de 75 % de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Par ailleurs, 85 % des décès cardiovasculaires sont causés par les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

 

L'Afrique n'est malheureusement pas épargnée. La progression de l'urbanisation, la sédentarité, les changements alimentaires, l'augmentation de l'obésité, du diabète et de l'hypertension contribuent à faire des maladies cardiovasculaires l'une des menaces sanitaires majeures pour notre continent. L'OMS Afrique souligne que l'hypertension artérielle touche des millions de personnes dans la région et demeure le facteur de risque cardiovasculaire le plus fréquent.

 

Le véritable ennemi : le retard dans la prise en charge

 

Contrairement à de nombreuses maladies infectieuses, les maladies cardiovasculaires évoluent souvent dans le silence.

Une hypertension artérielle peut rester asymptomatique pendant des années. Une athérosclérose* peut progresser sans douleur. Une insuffisance cardiaque débutante peut être confondue avec une simple fatigue.

 

Bien souvent, l'infarctus ou l'AVC constituent le premier signal d'alarme.

 

C'est précisément pour cette raison que l'OMS considère que la détection précoce et la prise en charge rapide sont essentielles pour réduire la mortalité cardiovasculaire. Plus un patient est depisté tôt, plus les interventions médicales, les traitements et les changements de mode de vie peuvent prévenir les complications graves (OMS).

 

Dans le cas d'un infarctus du myocarde, chaque minute de retard augmente les lésions du muscle cardiaque. Pour un AVC, les neurologues parlent souvent du principe selon lequel « le temps, c'est le cerveau » : chaque minute sans traitement entraîne la destruction irréversible de millions de cellules nerveuses.

 

Le message est donc simple : une consultation retardée peut coûter une vie ; une consultation précoce peut en sauver une.

 

Reconnaître les signes qui doivent alerter

 

 

 

Certaines manifestations doivent conduire à consulter rapidement un professionnel de santé : Une douleur ou une oppression thoracique, des palpitations ou battements cardiaques irréguliers , un essoufflement inhabituel, Des gonflements des jambes ou des chevilles, une fatigue excessive, ou encore des vertiges ou pertes de connaissance.

 

Ces symptômes ne signifient pas systématiquement qu'une maladie cardiaque est présente, mais ils justifient toujours une évaluation médicale rapide.

 

La prévention reste notre meilleur médicament

 

La bonne nouvelle est que la majorité des maladies cardiovasculaires peuvent être évitées. L'OMS estime qu'une grande partie des décès prématurés pourrait être prévenue grâce à un meilleur contrôle des facteurs de risque tels que l'hypertension artérielle, le diabète, l'excès de cholestérol, etc…

 

Les mesures préventives sont elles aussi relativement simples :

 

Pratiquer au moins 150 minutes d'activité physique modérée par semaine ; consommer davantage de fruits et légumes ; réduire la consommation de sel, de sucre et de matières grasses ; éviter le tabac ; modérer la consommation d'alcool ; gérer son niveau de stress.

 

Mais la prévention ne doit pas se limiter aux conseils d'hygiène de vie. Elle passe également par une démarche encore trop peu répandue : le bilan annuel de santé.

 

Prévenir, détecter tôt et améliorer les parcours de soins

 

La lutte contre les maladies cardiovasculaires repose sur trois piliers essentiels : la prévention, le diagnostic précoce et l'innovation thérapeutique.

Ces piliers s'accompagnent d'un engagement en faveur de la sensibilisation des populations, du renforcement des capacités des systèmes de santé et de la promotion d'une approche centrée sur le patient. Parce que derrière chaque diagnostic se trouve une personne, une famille et une histoire qui mérite une chance d'être préservée.

 

Agir aujourd'hui pour sauver des vies demain

 

À l'occasion de cette Journée mondiale du cœur, nous avons tous un rôle à jouer.

  • Les pouvoirs publics doivent continuer à renforcer les politiques de prévention et d'accès aux soins.
  • Les professionnels de santé doivent poursuivre leurs efforts de sensibilisation et de dépistage.
  • Les entreprises doivent promouvoir des environnements favorables à la santé.

 

Et chacun de nous doit adopter une attitude proactive vis-à-vis de sa propre santé.

 

Le cœur est un organe extraordinaire. Mais il nous envoie rarement plusieurs avertissements. Face aux maladies cardiovasculaires, la différence entre la vie et la mort se joue souvent sur une décision simple : consulter tôt.

Car lorsqu'il s'agit du cœur, chaque minute compte.

 

Sources recommandées à citer en bas de l'Op-Ed

  1. Organisation mondiale de la Santé (OMS) – Maladies cardiovasculaires
    https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/cardiovascular-diseases-(cvds) [who.int]
  2. OMS Afrique – Cardiovascular Diseases
    https://www.afro.who.int/health-topics/cardiovascular-diseases [afro.who.int]
  3. World Heart Federation, World Heart Report 2023
    https://world-heart-federation.org/wp-content/uploads/World-Heart-Report-2023.pdf [world-hear...ration.org]
  4. Bayer Global – Cardiovascular Diseases
    https://www.bayer.com/en/portfolio/pharmaceuticals/heart-disease [bayer.com]
  5. World Heart Observatory
    https://world-heart-federation.org/world-heart-observatory