La lutte contre le cancer franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Le mercredi 14 octobre 2026, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, représentant l’État ivoirien, a procédé à la signature d’une convention de partenariat avec le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca. Cette collaboration de trois ans vise à renforcer la prise en charge des patients et à réduire les obstacles financiers à l’accès aux traitements innovants.

Selon les estimations de GLOBOCAN 2024 citées dans le communiqué de presse, la Côte d’Ivoire a enregistré environ 20 402 nouveaux cas de cancer et 12 710 décès liés à la maladie en 2024. Face à ce défi sanitaire, le gouvernement entend poursuivre les efforts engagés à travers le Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa), structuré en 2014, et le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), ouvert aux patients en 2018.
Plus de 10 milliards FCFA mobilisés
D’un montant global annoncé de plus de 10,37 milliards de FCFA, la convention repose sur une contribution de plus de 5,51 milliards de FCFA d’AstraZeneca et une mobilisation de plus de 4,86 milliards de FCFA par l’État ivoirien. Le laboratoire prévoit notamment des remises d’au moins 50 % sur certaines thérapies, ainsi qu’un appui aux activités opérationnelles. La contribution de l’État doit permettre de subventionner les traitements et de couvrir les frais de gestion logistique.
Selon le discours du ministre, plus de 4 400 patients pourraient bénéficier directement de cette prise en charge au cours des trois prochaines années. Certaines thérapies ciblées seront entièrement gratuites pour les patients éligibles dans les centres de référence désignés, selon les modalités du programme.

Au-delà du financement des traitements, le partenariat prévoit de renforcer les capacités diagnostiques, la formation des professionnels de santé, l’orientation des patients et la production de données locales. Des examens spécialisés, notamment les tests d’immunohistochimie et certaines analyses moléculaires, doivent contribuer à mieux caractériser les tumeurs et à orienter les choix thérapeutiques.
Un engagement partagé pour les patients
Pour le ministre Pierre N’Gou Dimba, cette convention s’inscrit dans la volonté de garantir à chaque Ivoirien un accès équitable à des soins de qualité, indépendamment de sa condition socio-économique. Il a souligné que le cancer demeure un défi sanitaire majeur, qui affecte également les budgets des ménages. L’accessibilité financière et la disponibilité des traitements innovants constituent ainsi des enjeux centraux de cette collaboration.

Le professeur Innocent Adoubi, directeur coordonnateur du PNLCa, a présenté cette signature comme une nouvelle étape dans la dynamique nationale de lutte contre le cancer. Il a rappelé les orientations du ministère visant à poursuivre et à renforcer les actions déjà engagées.
De son côté, la docteure Adelaide Ehouman-Aidara, directrice nationale d’AstraZeneca pour l’Afrique francophone, a insisté sur la nécessité de conjuguer amélioration du diagnostic et accès aux solutions thérapeutiques appropriées. Elle a salué l’engagement des autorités ivoiriennes et des professionnels de santé, tout en rappelant que l’innovation doit se traduire par des progrès concrets dans le parcours des patients.
De la convention aux résultats sur le terrain
Pour les patients et leurs familles, l’enjeu sera désormais de transformer les engagements financiers en améliorations tangibles : réduction des délais de diagnostic, accès effectif aux traitements, continuité des soins et diminution des dépenses supportées par les ménages.

La mise en œuvre du programme, en collaboration avec le ministère de la Santé, le PNLCa, le CNRAO et les autres acteurs concernés, sera donc déterminante. Le nombre de patients effectivement pris en charge, les conditions d’éligibilité et l’accès aux examens spécialisés permettront d’apprécier les résultats de cette initiative.
Au-delà de la signature, cette convention ouvre ainsi une nouvelle perspective pour la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire. Son impact dépendra de sa capacité à faire de l’accès aux soins oncologiques une réalité plus équitable pour les populations.





