La cérémonie commence par un retour sur le chemin parcouru. Un film projeté dans la salle replonge l’assistance dans les grandes étapes de cette aventure médicale. Des premières ambitions portées dans les années 1970 à l’évolution du plateau technique, l’institution apparaît comme le fruit d’une volonté : permettre aux populations d’accéder, en Afrique, à une médecine cardiovasculaire de haut niveau. L’ICA s’est progressivement construit autour de quatre missions : soigner, prévenir, rechercher et transmettre les connaissances.

Dans le discours du directeur général, le professeur Euloge Kramo, cette histoire n’est pas seulement celle d’un établissement. Elle est aussi celle des femmes et des hommes qui l’ont fait vivre. Cinquante ans représentent, selon lui, un demi-siècle d’engagement, de dévouement et d’humanisme au service des Ivoiriens et des populations de la sous-région. L’ICA, souligne-t-il, a évolué avec les technologies médicales, formé des spécialistes venus de 20 pays africains et placé progressivement la prévention et le dépistage précoce au cœur de son action.

“Au cours des cinq dernières décennies, portée par ces épreuves comme par ses plus grandes réussites, l'ICA a su évoluer avec rigueur et determination, En intégrant les technologies médicales les plus avancées pour offrir des soins spécialisés de pointe, en formant des générations de spécialistes venant de 20 nationalités différentes. “
Le film rappelle aussi l’ampleur de cette expertise. Plus, de 15 000 interventions chirurgicales ont été réalisées depuis la création de l’Institut, tandis que son offre s’est élargie, de l’urgence au diagnostic, de l’intervention à la réadaptation, pour l’enfant comme pour l’adulte. L’établissement a également été le premier établissement public ivoirien certifié ISO 9001, en 2005, avant d’être distingué en 2017 comme meilleur établissement public de santé.
Une histoire qui se raconte aussi par la transmission

Après cette plongée dans la mémoire de l’Institut, la parole prend une autre dimension: celle du partenariat. Catherine Assanvo, directrice de la Fondation Orange, vient saluer la collaboration nouée avec l’ICA. Le geste posé ce jour-là est concret : un car de 15 places est remis à l’Institut. Le directeur général le présente comme le premier cadeau d’anniversaire du cinquantenaire, en appelant d’autres partenaires à accompagner l’établissement. Puis vient le ministre de la Santé, Pierre Dimba. Son intervention ne se limite pas aux félicitations. Il salue une institution dont la qualité des soins et l’entretien des infrastructures ont, selon lui, suscité des retours positifs de patients. Il rappelle également que l’ICA s’inscrit dans une politique plus large de modernisation du système de santé, avec le renforcement des plateaux techniques et l’acquisition d’équipements comme le scanner et l’IRM cardiaque:

“Les rénovations des chambres, ainsi que la construction de nouveaux bâtiments destinés à accueillir des équipements et des technologies de pointes parmi lesquelles on peut citer le scanner, l'IRM cardiaque et autres appareils de haute technologies, traduisent notre volonté de renforcer directement le plateau technique national.”
Mais le ministre veut surtout déplacer le regard : soigner ne suffit pas. Face aux maladies cardiovasculaires, la prévention doit commencer avant l’hôpital. Son appel est direct : aller vers les populations, expliquer les bons gestes et dépister avant que la maladie ne s’installe. Les campagnes gratuites de dépistage prévues dans le cadre du cinquantenaire doivent ainsi rapprocher les cardiologues des populations.
La première étape de cette campagne est annoncée dans l’Agnéby-Tiassa à partir du 1er octobre. Diabète, hypertension artérielle et autres facteurs de risque cardiovasculaire seront au cœur de cette démarche de proximité. Le dépistage doit ensuite se poursuivre jusqu’au 24 novembre, date anniversaire de l’Institut.
Cette orientation donne finalement tout son sens au cinquantenaire. Car derrière les équipements, les chirurgies et les distinctions, il y a une question beaucoup plus simple : comment éviter que les patients arrivent trop tard ? Le professeur Euloge Kramo comme le ministre Pierre Dimba placent ainsi la prévention au même niveau que l’excellence médicale.

À l’heure de souffler ses cinquante bougies, l’ICA ne revendique donc pas seulement un héritage. Il veut en faire un point de départ. Former encore, innover, améliorer l’accès aux soins et surtout apprendre aux populations à prendre soin de leur cœur avant que la maladie ne les conduise à l’hôpital. Le cinquantenaire devient ainsi moins une célébration du passé qu’un rendez-vous avec les cinquante prochaines années.





