Dans la salle, l’ambiance tranche avec l’image parfois solennelle des cérémonies de changement de responsabilité. L’inspecteur général de la Santé, représentant le ministre de la Santé, souligne lui-même le caractère convivial et humain de ce passage de témoin. Le fait est suffisamment notable pour être relevé : le président entrant est l’ancien secrétaire général du Conseil sortant. Pendant plusieurs années, les deux hommes ont travaillé côte à côte sur les dossiers de l’Ordre.

Avant de céder officiellement sa place, le Dr Diarra revient sur son parcours. Arrivé à la tête de l’institution en 2017, il rappelle les quatre grandes missions qui ont structuré son action : faire respecter les devoirs professionnels, défendre l’honneur et l’indépendance de la profession, développer la formation continue et contribuer à la promotion de la santé publique. Il évoque également la décentralisation de l’Ordre, avec la mise en fonctionnement de six régions pharmaceutiques, ainsi que le rôle joué dans l’organisation du Forum pharmaceutique international de 2021 et dans l’Inter-Ordre des pharmaciens d’Afrique

Le président sortant ne cache pas non plus les chantiers restés ouverts. Parmi eux, sept textes issus des travaux de la commission législation n’avaient pas encore été adoptés. Il évoque également les procédures disciplinaires engagées et le travail de mise en œuvre du code de déontologie.

Remise des documents et des clés entre l'ex prst Dr Arounan Diarra et Dr Boni Hervé
Puis vient le moment du passage de relais. Le professeur Amari Serge Antoine, chargé de la lecture des décisions et arrêtés, détaille la nouvelle architecture des conseils de l’Ordre : six conseils régionaux, trois conseils centraux et le Conseil national. Il rappelle que les élections ont eu lieu le 12 février 2026 et que les différents conseils associent membres élus, représentants nommés par les autorités compétentes et magistrats, selon les instances concernées.

Dr Boni Hervé nouveau Président de du CNOP-CI
Le nouveau Conseil national est placé sous la présidence du Dr Boni Hervé. Dans son discours, celui-ci insiste sur un mot : continuité. Il entend préserver les acquis tout en ouvrant de nouveaux chantiers. Son programme s’articule autour de six priorités: renforcer le cadre réglementaire, accompagner la formation professionnelle continue, consolider les actions de santé publique, améliorer la qualité de l’exercice et l’évaluation des pratiques, poursuivre la décentralisation et renforcer le sentiment d’appartenance à l’Ordre.

Le nouveau président revendique une conception plus proche du métier : un Ordre qui régule, mais qui accompagne, conseille et aide les pharmaciens à améliorer leurs pratiques. Il appelle aussi à une collaboration plus étroite entre le ministère, l’autorité de régulation, l’université, les établissements pharmaceutiques, les organisations professionnelles et l’Ordre.
La passation devient alors concrète. Le Dr Diarra remet les documents de référence: textes régissant la profession, règlement intérieur, rapports d’activité, situation du tableau ordinal et dossiers en cours, notamment ceux soumis par l’AIRP La signature du procès-verbal vient sceller officiellement le transfert.

credit photo dr Tea
Dans son message de clôture, le représentant du ministre de la Santé présente la passation comme un acte de continuité institutionnelle. Il invite la nouvelle équipe à s’appuyer sur les acquis tout en apportant les innovations nécessaires face aux nouveaux défis de la profession, notamment la digitalisation, la modernisation de la chaîne d’approvisionnement et l’accès aux produits de santé essentiels.

À la Maison du Pharmacien, le changement de président n’a donc pas ressemblé à une rupture. Il a davantage pris les traits d’un passage de relais entre deux équipes qui se connaissent, avec, en toile de fond, une même responsabilité: faire évoluer l’Ordre au service de la profession pharmaceutique et de la santé des populations.
Edithe Nguekam





