Une profession, un pilier du système de santé
Dans son allocution, la présidente du Conseil national, Géromina Tiémélé, a rappelé que l'Ordre n'est pas une simple association professionnelle mais une institution de droit public, créée par la loi 2014-133 du 24 mars 2014, chargée d'encadrer l'exercice de la profession et de garantir aux populations des soins de qualité. Elle a lancé un appel solennel à l'inscription massive au tableau de l'Ordre, rappelant que cette démarche, désormais facilitée par la nouvelle plateforme numérique, est à la fois une obligation légale et un acte d'adhésion à une vision commune : une profession organisée, respectée et solidaire. Elle a aussi tenu à honorer les pionnières du métier, dépositaires d'un savoir à transmettre aux générations futures.

Des chiffres qui parlent
L'ampleur de l'enjeu a été soulignée par Kaboré Saïdou, représentant résident de l'UNFPA, partenaire technique et financier historique de la santé maternelle en Côte d'Ivoire. Il a rappelé qu'entre 2012 et 2021, le ratio de mortalité maternelle ivoirien est passé de 614 à 385 décès pour 100 000 naissances vivantes, un progrès qu'il attribue notamment au renforcement de la formation des sages-femmes et à l'appui institutionnel apporté à l'Ordre depuis plus d'une décennie. Il a également relayé un constat de l'Organisation mondiale de la santé : dans un environnement favorable, les sages-femmes peuvent prévenir plus des deux tiers des décès maternels, néonatals et des mortinaissances.
Pour lui, la plateforme inaugurée ce jour dépasse le simple outil technique : elle constitue un levier de gouvernance, de transparence et de traçabilité des compétences, au service de la confiance des populations envers le système de soins.
Le numérique au service de la gouvernance
Représentant le ministre Pierre Dimba, l'inspecteur général de la santé a salué une initiative qui s'inscrit dans la volonté gouvernementale de mettre la transformation numérique au service de l'action publique. Il a insisté sur le caractère désormais incontournable de l'inscription au tableau de l'Ordre, appelant chaque professionnel à s'approprier cet outil qui permettra de disposer d'un fichier fiable et régulièrement actualisé, tout en simplifiant les procédures administratives. Il a tenu à rappeler, avec émotion, le rôle irremplaçable des sages-femmes : premières interlocutrices des femmes qui désirent un enfant, elles accompagnent la grossesse jusqu'à l'accouchement, bien avant l'intervention des gynécologues, en particulier dans les zones rurales dépourvues de spécialistes.

Au-delà du symbole, cette double cérémonie marque le point de départ d'un programme de réforme voulu par le Conseil national : renforcement de la gouvernance, amélioration des services aux membres, développement des compétences et mécanismes de solidarité professionnelle. Un dispositif d'accompagnement, appuyé sur des points focaux dans les 113 districts sanitaires du pays, doit garantir qu'aucun professionnel ne soit laissé pour compte dans cette transition numérique.

Derrière chaque naissance réussie, rappelait l'un des intervenants, il y a une sage-femme. Moderniser leur Ordre, c'est donc, très concrètement, protéger un peu plus chaque mère et chaque nouveau-né de Côte d'Ivoire.





